Saisir l’alter…

Je suis toujours étonné quand je lis des tweets ou des messages qui me disent, en substance, ceci :

Euh mais pourquoi donc? Je me demande toujours. Je n’ai pas l’impression de dire des choses extraordinaire, j’ai même l’impression d’être quelqu’un de très ordinaire. Pendant un moment c’est même ce qui a complètement bloqué mon écriture.

Je me suis targué pendant longtemps de m’intéresser à l’autre, à l’alter, à ce qui nous différencie. Je me suis rendu compte que ma vision de l’autre était biaisé. Au final, je n’avais qu’une faible idée de qui elle ou il pouvait être. J’étais dans ma bulle. J’écoutais les gens qui me ressemblaient, je les admirais et parfois les enviais. Je parlais d’autres que je ne connaissais pas. Et puis avec les blogs, avec twitter aussi, j’ai commencé à découvrir d’autres discours, des retours d’expériences présentées par ceux qui les ont vécus.

Pendant un moment cette expérience a été principalement en ligne. Et puis mes (ma?) conférences favorites s’est émancipée de son contexte technique pour devenir un espace bienveillant où la diversité pouvait s’exprimer1. J’ai découvert que je pouvais aller vers les autres et laisser les autres venir à moi.

En chemin, ces rencontres, ces lectures m’ont permis de mieux savoir qui j’étais et, ainsi, parler de moi et non des autres, d’apprendre à me taire également, de laisser la parole à celles et ceux qui ont la légitimité pour cela, d’être plus à l’écoute. Je suis également plus conscient de ce dont j’ai envie de parler.

En résumé : ne vous pensez pas insignifiant, vous avez des choses à dire, parfois cela peut-être maladroit au début, vous pouvez avoir l’impression de ramer dans le désert mais il y a des personnes qui ont et auront envie de vous écouter.

Pour finir voici quelques liens pour aller plus loin sur cette réflexion :

Notes

  1. En clair : Allez à SudWeb

Une réflexion au sujet de « Saisir l’alter… »

  1. Je lis ton billet pendant une petite pause. Le passage suivant en particulier me parle beaucoup : « Je me suis targué pendant longtemps de m’intéresser à l’autre, à l’alter, à ce qui nous différencie. Je me suis rendu compte que ma vision de l’autre était biaisé. Au final, je n’avais qu’une faible idée de qui elle ou il pouvait être. J’étais dans ma bulle. J’écoutais les gens qui me ressemblaient (…) »

    Figure-toi que c’est une des raisons qui ont directement contribué à ma grosse fatigue d’Internet l’année dernière : à ce moment-là, j’ai réalisé que j’évoluais au sein d’un entre-soi hermétique. Ma curiosité se bornait aux limites de ce petit groupe de gens, que tous les gens que je suis suivent aussi. C’était devenu déprimant de lire les mêmes blogs que tout le monde, de suivre les mêmes comptes Twitter que tout le monde. J’avais l’impression qu’on était en circuit totalement fermé, qu’on parlait tous des mêmes sujets à l’exception de tout autre. Et puis j’assistais de plus en plus souvent aux phénomènes qui ne manquent jamais de se produire quand on reste trop longtemps entre soi : le copinage et les chasses aux sorcières, par exemple.

    Me tenir éloignée de cette sphère virtuelle liée à mon milieu professionnel m’a fait un bien fou. Aujourd’hui, grâce à cette coupure drastique et soudaine, j’ai trouvé un meilleur équilibre. Celui-ci passe par un plus grand brassage des choses que je lis et des personnes que je fréquente, mais aussi par le fait d’aller vers des univers que je connais mal voire dont j’ignore tout.

    Le fait d’avoir divisé mon activité virtuelle en deux (d’un côté le pro, de l’autre le perso) a été un bouleversement extrêmement positif, qui m’a ouvert plein de perspectives. Sur mon compte Twitter privé par exemple je suis beaucoup de comptes militants, qui m’ancrent dans le présent, et me font prendre conscience à quel point nous évoluons, nous autres les gens qui fabriquent du web, dans une bulle privilégiée.

    Bref, de temps en temps ça fait du bien de mettre le nez dehors et de respirer l’air frais ! =)

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