Ma vie de bénévole…

Alors voilà, encore un billet un peu brouillon va commencer pour parler de bénévolat. Pourquoi j’en parle maintenant ? Je comptais le faire pour le 5 décembre, qui est la journée mondiale du bénévolat. J’aurais du poster ce billet un peu avant et puis les choses ont un peu dérapé 1. C’est l’occasion pour moi de parler de mon expérience de bénévole, les différentes structures dans lesquelles j’ai mis de moi même, de mes réflexions, mes doutes et mes espoirs sur le sujet. En me relisant, je me rends compte que j’évoque un peu l’engagement politique lié à mes engagements ça et là. Sans rentrer dans le détail, dans mon cas c’est fortement lié. Je m’engage souvent pour porter des valeurs et intervenir dans la vie de la cité.

Quand commence l’engagement ?

Probablement quand on lève le doigt en classe pour se présenter en tant que délégué ou pour participer à une action. Au delà de ces prémices, depuis une vingtaine d’années, j’ai toujours été bénévole quelque part. Parfois avec des périodes où je n’avais pas le temps et des périodes plus intenses où je cumulais différents postes dans différentes associations. Le rôle qui me plaît le plus quand je participe à un évènement c’est d’être dans l’organisation. Comme je l’ai déjà dit quelque part, ce n’est pas forcément la tête qui m’intéresse, mais souvent d’être la petite main qui fait avancer l’ensemble, le support qui permet de faire évoluer une idée en actes concret même si, parfois les exceptions ont existées.

Au début j’avais tendance à arriver dans une association avec mon expérience en informatique et/ou d’assurer des tâches autour de la communication. Rapidement, je me suis rendu compte que le bénévolat était aussi l’occasion d’essayer autre chose, de remplir d’autres rôles, de sortir un peu de son expérience quotidienne. Je me suis aussi aperçu que la qualité primordiale pour être bénévole était de donner du temps et pas nécessairement beaucoup. Donner une heure par semaine à une association pour un peu de compta, de communication, envoyer quelques mails ou rédiger un compte rendu faisait déjà beaucoup.

J’ai tout de même connu des projets qui m’ayant pris beaucoup de temps et d’énergie au point de me faire revoir mes priorités et de douter de mes engagements. Ce fut l’occasion de réaffirmer mes valeurs et de revoir ce que j’était prêt à accepter ou non, en terme de projets ou de temps consacré à une action. Tout n’est pas rose dans le milieu associatif et celui du bénévolat, certaines organisations ou modes de fonctionnement peuvent se révéler plus négatif que d’autres. Chacun a ses limites, mais c’est à garder en tête.

Où se déroule cet engagement ?

Plutôt que de faire un inventaire à la Prévert des différentes rôles que j’ai tenu, je préfère lister ici les différentes types de structures au sein desquelles j’ai pu m’investir.

Le collectif, sorte de structure souple qui regroupe plusieurs personnes dans le but d’organiser un ou plusieurs événements. C’est comme ça par exemple que je me suis investi dans le bookcrossing et le Mega Bookcrossing de Lyon, où l’essentiel était de choisir une date, lancer des invitations et voir débarquer des dizaines de gens au parc de la Tête d’Or pour libérer des livres et échanger un bon moment. Quand une des participantes est venu me voir pour me remercier d’avoir organiser tout ça, j’ai été très étonné car cela ne m’avait pas paru si compliqué. C’est sans doute à ce moment là que j’ai perçu la force des actions individuelles au profit d’un collectif.

L’association loi 1901. Elle est importante dès qu’on veut bénéficier d’une structure juridique pour emprunter des salles, bénéficier d’une assurance ou de subvention… Je ne suis pas un grand spécialiste des assos même si j’en ai monté quelques unes et participé à de nombreuses. Il existe des associations locales et nationales. Les associations peuvent embaucher du personnel.0

Les fédérations d’associations. Dans cette modalité de fonctionnement, l’association aura une assise locale plus ou moins importante mais, également, un poids nationale qui lui permettra d’avoir un poids sur les négociations politiques ou une plus large influence. Je peux citer par exemple la FCPE ou encore la FCPE. Je trouve que ce système gagnerait à être plus connu, notamment des associations professionnelle organisant des meetups et des conférences. Les groupes locaux pourraient avoir un peu plus de moyens tout en gardant leurs libertés et à des associations importantes, mais souvent cantonnées à un espace géographique, pourraient toucher plus de personnes.

Les partis politiques et les instances publiques et c’est une autre phase de l’engagement même si j’estime que les associations ont un poids politiques non négligeable.

Les différents comités d’entreprises désormais rassemblés sous le terme Comité Social et Économique (aka CSE). Ici on touche un peu à la zone flou entre bénévolat et travail car les élus d’un CSE bénéficient d’heures de délégation pour accomplir leur tâches. Remplir son rôle prend du temps et est un investissement important selon la couleur qu’on veut donner à son mandat.

Quelle est ma manière de m’engager ?

Paradoxalement, je suis quelqu’un d’assez solitaire et introverti 2 et le bénévolat nécessite bien souvent d’entrer de faire parti d’un groupe ou d’un collectif et d’aller vers les gens. Ce n’est pas toujours évident. Je dirais qu’il faut parfois se faire un peu violence mais qu’il faut chercher avant tout a s’investir dans un groupe dans lequel on se sent à l’aise. Si vous n’arrivez pas à vous sentir bien, cherchez à faire des compromis c’est une bonne approche mais il ne faut pas hésiter à partir parfois si on ne sent pas à sa place.

Il y-a parfois aussi la crise de légitimité, suis-je bien légitime de faire ce qu’on me demande de faire, vais-je y arriver? Oui ce n’est pas évident, surtout quand Il s’agit de tâches pointues. Il y’a parfois des tensions au sein des associations et des collectifs à ce sujet. J’ai plusieurs avis à ce sujet. Le premier est que c’est souvent le temps qu’on consacre à l’association qui assoit la légitimité. J’ai entendu des critiques à l’encontre de présidents ou présidentes d’associations, de membres du CA, etc… Quand on creuse un peu, on se rend vite compte que la plupart (enfin la plupart de ceux que je connais) consacrent un temps fou à l’asso dont il font parti, bien souvent en toute discrétion. Avant de se demander pourquoi une personne est au rôle qu’elle joue, il convient de regarder son parcours et le temps qu’elle passe pour des tâches parfois très ingrates.

Mais je soutiens aussi qu’il y’a (et doit avoir) de la place pour tout le monde. Parfois je n’ai qu’une ou deux heures pour le bénévolat et je préfère être clair avec le collectif dans lequel je m’implique pour ça. L’année dernière j’ai porté voulu me porter candidat dans un CA avant de finalement retirer cette candidature car d’autres engagements que je ne pouvais refuser sont apparu. Il convient d’être transparent sur ce sujet. Si une asso ne comprends pas ça, il faut fuir vite.

Mes doutes et mes espoirs

Est ce que l’on constate une baisse de l’engagement ? Souvent mal considéré, en tout cas moins mis en avant que d’autres formes d’actions, l’engagement aurait tendance à baisser. Je n’ai pas d’avis véritablement objectif à ce sujet. Il est vrai qu’en discutant avec quelques personnes, dans les années 80/90 par exemple la vie associative semblait plus vive que maintenant, c’était l’expansion des MJC, des Office municipaux de la culture ou de la jeunesse. Certains en parlent encore avec des larmes pleins les yeux. On a tendance à dire qu’on est sur le déclin. Ces dernières années la suppression de l’ISF a eu aussi un impact fort sur les dons aux associations réduisant leurs champs d’actions du fait de la présence de moins d’employés.

À mon petit niveau, j’ai pu dresser plusieurs constats ces dernières années.

Premièrement il est vrai que beaucoup de réunions associatives ne rameutent pas les foules. Souvent le mardi soir, dans la salle communale aimablement mis à disposition par la mairie, où pourrait se réunir facilement une centaine de personnes, nous ne dépassions que très rarement la dizaine de présents pour le conseil de l’école (par exemple).

Et deuxièmement, on retrouve souvent les mêmes personnes dans plusieurs associations, un engagement en entraîne parfois un autre que ce soit dans un unviers personnel ou professionnel. Je m’amuse toujours d’ailleurs des croisements d’univers.

En écrivant ce paragraphe, j’ai cherché ce qu’il en était vraiment et sur le rapport de l’association « France Bénévolat » qui a pour objectif d’accompagner les bénévoles dans leurs engagements. Le rapport de 2020 indique que, contrairement à ce qu’on peut croire, le nombre de bénévoles est globalement stable.

J’ai le sentiment qu’on arrive à un changement d’époque et de mentalité vis à vis de l’engagement et, plus globalement, du militantisme. Sans parler des syndicats et des partis politiques, on voit disparaître les MJC, on voit également les œuvres sociales collectives être remplacées par des opérations plus individuelles et individualistes. C’est dans l’air du temps, il ne faut pas forcément s’en attrister. Ce qui se passe au sein des comités d’entreprises désormais comité social et économique est assez symptomatique. Les anciennes pratiques consistant à organiser des voyages, des événements sociaux sont peu à peu remplacer par des cartes cadeaux et autres chèques vacances.

Tout cela aura forcément des conséquences, il va sans doute falloir repenser l’action collective et c’est en train d’être fait. Les dernières années ont montré que des choses étaient possible, des nouveaux moyens d’action se mettaient en oeuvre. Pour ma part je l’ai vu à travers le mouvement #JeSuisUnDeux et les dernières marches pour le climat. C’est ce qui me donne beaucoup d’espoir pour la suite.

Et maintenant…

En conclusion, le bénévolat et l’engagement m’a énormément apporté. J’ ai croisé des gens formidables, des personnes très investi et réellement tourné vers les autres. J’espère avoir mis en avant mes valeurs, avoir porté à travers ces engagements ce que je considère comme mes valeurs.

Si vous avez du temps, l’envie d’aider selon vos valeurs à votre tour, je vous invite à vous tourner vers les diverses associations autour de vous. C’est une expérience formidable. J’ai cité France Bénévolat mais de nombreuses structures existent. Dernièrement, en lisant un article des 24 jours du web j’ai, par exemple découvert Emmaus Connect qui défend l’inclusion numérique ou encore regarder cette conférence de Paris Web

Edit du 22/12/2022, corrections de pas mal d’erreurs et ajout de liens. Depuis j’ai continué à m’engager et de plus en plus au point d’en fait un pré-requis dans mes entretiens d’embauche. Ce n’est pas toujours simple mais ça peut faire l’objet d’un nouveau billet.

Notes

  1. Et tant pis pour les deadlines
  2. En fait je suis plutôt ce qu’on appelle « ambivert » j’aime à la fois être avec des gens et avec moi-même