Vendredi Lecture : Louis Pasteur contre les Loups Garous

J’ai une enfant à la maison forte éprise de lecture. Du moment qu’elle a réussi à déchiffrer les caractères étranges qui composent les mots elle se balade toujours un livre en main et quelques autres à portée de cette même main.

J’ai tenté (assez vainement pour le moment) de lui partager quelques unes de mes lectures d’enfant et d’adolescent, hormis Harry Potter, pour l’instant ça n’a pas fonctionné, mais je n’ai pas dit mon dernier mot.

Elle essaie aussi le jeu inverse, avec plus de succès, et sort de sa bibliothèque quelques pépites dont je me régale. Ce livre là en fait partie bien entendue. A la base elle avait envie de me faire lire le précédent livre de Flore Vesco : « De cape et de mots ». Un grand succès jeunesse par une jeune autrice dont c’était le premier roman. Louis Pasteur contre les Loups Garous est donc son second roman.

Je dois dire que j’étais curieux en lisant le titre un peut WTF au premier abord. Mais j’aime bien les loups garous et Louis Pasteur me rappelle mon admiration pour les explorations scientifiques et les grandes découvertes du XIXe siècle. Le tout à un petit coté Steampunk à la française1. Tout pour plaire. Et, comme prévu par ma descendance, je me suis laissé porter par cette histoire et ai dévoré ce roman.

Le roman est plutôt court (200 pages environ) et l’écriture est intense et très dense. En quelques mots bien choisis Flore Vesco arrive à planter le décor et décrire des personnages haut en couleur comme le professeur de chimie, très vieille école, Monsieur Ragout ou les élèves de l’école ou encore le concierge (très important celui là). De la même manière les décors sont plantés et les situations décrites avec un vocabulaire approprié à l’époque et au contexte scientifique. J’ai hésité plusieurs fois à ouvrir le dictionnaire pour en comprendre certains, peut-être que je le ferais à la seconde lecture. Le tout donne des phrases de grandes qualités qu’on aurait envie de déclamer à haute voix.

– A dix-ans, j’ai formulé ma première grande déduction scientifique : le résultat de toute expérience, c’est que celle-ci met toujours votre maman très en colère.

Autre point très intéressant, en dépit des éléments fantastiques et des raccourcis qu’elle prend avec la véritable vie de notre cher Louis2  l’autrice réussi à nous plonger au coeur du XIXe siècles et ses travers. Comme toutes les règles contraignant le second personnage principal, Constance de Villeneuve Letang et que, celle ci, brise les unes derrière les autres plus ou moins volontairement.

La fin du roman laisse augurer plusieurs ouvrages dans la même veine à venir, j’ai hâte. En attendant n’hésitez pas à lire et faire lire cet ouvrage.

Notes

  1. Un genre que je croyais peu exploré mais en fait non pas tant que ça.
  2. A noter que le livre comprends contient une biographie badine de Louis Pasteur qui permet de le (re)découvrir.

Cette année je décide…

Après de multiples atermoiements, de réflexions en réflexions, cette année je décide de ne plus me prendre la tête pour écrire, photographier, dessiner, créer de manière générale et partager comme je l’entends.

Cela fait bien longtemps que j’essaie de choisir comment assouvir mes différentes passions  et mes envies créatrices, que je cherche à trouver une idée directrice, lancer des séries, suivre des projets1 mais bien souvent je consacre plus de temps à cette réflexion qu’à la vraie création. Bien souvent je me dresse aussi des barrières mentales et pense trop à la finalité plutôt qu’à l’action.

Alors cette année je vais faire sauter tout ça en posant quelques principes que je vais tenter de suivre.

Dans la diversité tu te plairas : écrire, dessiner, photographier, j’aime faire tout ça et je ne sais pas quoi choisir, donc autant ne pas choisir et ainsi se laisser le plaisir de créer, de tenter des choses, d’en réussir et d’en rater. Tant mieux si je reste un éternel débutant.

Ligne directrice point tu chercheras : Inutile de chercher une cohérence dans ce qui va venir, il n’y en aura pas. Je me laisse toute liberté d’écrire ici ce que je veux, de faire des séries photographiques ou pas, de refaire des choses déjà vues ou bien de tenter dans l’inédit. En bref se laisser le nez au vent, ouvert à l’envie qui s’en vient.

Où il te plaira tu publieras : A force de vouloir tout compartimenter dans des blogs, des tumblr, des zéros-sociaux, survient l’éparpillement et pourtant mon nom de domaine c’est bien pelmel. Alors tant qu’à faire autant s’en servir. Et, pour le moment, je pense conserver le design minimaliste de ce site.

Du temps pour faire tu te laisseras : C’est le plus important sans doute, prendre un peu de temps pour laisser l’inspiration venir, se réserver une heure de temps en temps (comme maintenant pendant que j’écris). Il est facile de se laisser déborder par le travail, le quotidien et voir les semaines passer sans rien faire. C’est peut-être une hygiène créative de se donner un peu de temps face à une feuille blanche et de laisser les choses venir. Au pire il y a toujours des exercices de ce cher Raymond Queneau.

Voilà donc dans les grandes lignes ce que je decide de faire cette année et mon credo sera que j’y crois dur comme faire.

PS : Ce billet a été inspiré par le projet 2017 d’Agoaye que je suivrais sans doute en dilettante.

Notes

  1. Je trouve ce mot très vilain dans un cadre personnel, si vous avez mieux je suis preneur

Le changement c’est… Ta gueule!

Un jour, alors que je pestais contre un code compliqué à lire et à débuguer, j’ai eu une idée (pour une fois). Mon écran, mon deuxième écran, est du genre à pouvoir se tourner à 90 degrés pour offrir un format portrait à la place du format paysage traditionnel. C’est donc ce que j’ai fait. J’ai ensuite glissé la fenêtre de l’éditeur sur celui-ci et le code est devenu plus limpide. Depuis j’ai conservé cette configuration.

On se laisse vite prendre par une routine qui nous sclérose et bride notre cerveau, il est important et nécessaire de faire un pas de côté pour mieux voir les choses.

Mais pourquoi ce titre?

A la base je voulais, suite à l’article de Thomas sur l’état de grâce et les pouvoir du petit nouveau, faire un article sur le changement, comment procéder au changement, comment améliorer sa résilience, etc…

En creusant le sujet, je me suis rendu compte que c’était un peu tarte à la crème. Dans la classe politique, dans le monde de l’entrepreneuriat, le changement a été érigé comme une valeur principale. Tout le monde affirme avoir changé ou qu’il faut changer ou que le changement c’est… Bref on en parle beaucoup et, bien souvent, on ne l’applique pas vraiment. Pas étonnant quand on sait que ces milieux brillent par leur conservatisme.

D’ailleurs souvent on ressort cette image :

A ceci, je préfère cette prière souffie :

A vingt ans, je n’avais qu’une seule prière: « Mon Dieu, aide-moi à changer le monde, ce monde insoutenable, invivable, d’une telle cruauté, d’une telle injustice. »

Et je me suis battu comme un lion. Au bout de vingt ans, peu de choses avaient changé.

Quand j’ai eu quarante ans, je n’avais qu’une prière: « Mon Dieu, aide-moi à changer ma femme et mes enfants et ma famille. »

Et je me suis battu comme un lion pendant vingt ans, sans résultat.

Maintenant je suis un vieil homme et je n’ai qu’une prière: « Mon Dieu, aide-moi à me changer. »

Et voilà que le monde change autour de moi.

Tout ça pour dire qu’au lieu de vous parler de changement et ne rien apporter réellement au sujet, mes lectures et mes réflexions m’ont plutôt conduit vers la description des habitudes et des rituels et des moyens de les détecter.

Le pouvoir des habitudes

J’ai lu, quelque part, que nous sommes, pour la plupart, des êtres d’habitudes. C’est vrai quand on y pense. Certains plus que d’autres. Pour illustrer cela, j’aime beaucoup cette histoire. Elle met en scène un mathématicien réputé. Un soir son épouse organise une réception et lui demande d’aller à la salle de bain pour se préparer. Ne le voyant pas revenir au bout de 45 minutes, elle se met à le chercher pour le trouver… au lit (tout seul je préfère préciser). En fait il s’était rendu à  la salle de bains et puis avait poursuivi son habitude quotidienne consistant à se brosser les dents, passer un pyjama, puis se mettre au lit comme à l’accoutumé, sans se soucier des invités en train d’arriver pour la soirée.

Sans en arriver jusque là, avez vous déjà remarqué que vous preniez un chemin familier alors que ce n’était pas votre destination. Les habitudes peuvent être bonnes ou mauvaises. La plupart du temps elle permettent d’éviter de se préoccuper de certains aspects de nos vies, de mener notre chemin sans réfléchir à chaque instant comment faire. Respirer est une habitude tellement ancré en nous que nous nous en rendons pas compte que nous le faisons.

Toutefois un bon nombre d’habitudes ne sont pas bonnes. En pratique, dans nos métiers, il est rare que les habitudes nous servent. Nous ne sommes plus à la chaîne, il nous est demandé de faire preuve de créativité, de trouver des nouvelles solutions tous les jours. Nous devrions donc être habitué à changer régulièrement nos manières de faire. Pourtant nous avons aussi nos habitudes, nous nous inscrivons dans des schémas qui cadre nos travaux.

Le tout est de s’en rendre compte.

Détecter les habitudes néfastes

Il y a des signes qui devraient nous alerter et pourtant c’est finalement très compliqué de détecter des habitudes néfastes. Bien souvent on se place dans une zone d’inconfort sans nous en rendre compte. Au fur et à mesure des mes réflexions et mes recherches, je me suis rendu compte que deux méthodes fonctionnent particulièrement bien chez moi pour détecter ça.

La première est de faire appel à un.e ami.e et de lui confier les symptômes qui vous alertent. Ça peut marcher aussi avec pleins d’ami.e.s lors des conférences web qui font du bien. Parler, échanger, réellement être à l’écoute permet d’obtenir un retour pertinent, de voir sous un autre angle le problème qui se posait à vous. On le cite tellement, que ça en devient une évidence, mais l’histoire du développeur coincé dans son bout de code qui fait appel à un.e collègue et qui trouve la solution dès que icelle arrive.

Bon le risque c’est que parfois, on se brouille si on est pas d’accord, ou bien les ami.e.s ne sont pas dispos sur l’instant, ou vous désirez faire ça plus régulièrement et, mine de rien, le budget restau est un peu limité.1

La deuxième méthode est de faire soi même son chemin intérieur par la méditation. C’est même l’un des objectifs de plusieurs méthode de méditation : cultiver l’œil du débutant. Il existe des tas de méthodes pour ça, comme par exemple le STOP

  • S : Stop, arrêter ses activités en cours
  • T : Take a breath, prendre une grande inspiration
  • O: Observe. Observer ce qu’il se passe d’un regard extérieur
  • P : Proceed, procéder en fonction des observations.

Pensez y la prochaine fois que vous vous sentez coincé. Pour aller plus loin, je vous invite aussi à tenter l’exercice du grain de raisin http://www.devop.pro/pleine-conscience-exercice-de-la-meditation-du-raisin-sec.html ou http://touspsys.ning.com/profiles/blogs/exercice-pratique-de

Une fois les habitudes détectées, le plus dur est fait. Bien souvent le simple fait de les identifier permet de trouver une solution. Encore faut il se lancer, mais ça c’est une autre histoire (qu’il faudra bien raconter un jour).

Pour autant, comme je l’ai dit plus haut, toutes les habitudes ne sont pas néfastes, il en existes des pertinentes et qu’il faut conserver et, pourquoi pas, les transformer en rituels.

Ritualiser les habitudes

Tout d’abord, qu’est ce que j’entends par rituel? Pour moi le rituel est une habitude qui a du sens (si j’osais je dirais qui fait sens, mais je déteste cet anglicisme) pour une personne, pour un groupe qui le pratique, pour une population entière.

Le fait de donner du sens à des habitudes, de suivre des rituels, permet d’ancrer sa vie face aux changements incessants. Encore faut il, bien entendu, qu’elle ne perdent pas ce sens. Ce n’est pas pour rien que les méthodes agiles sont bourrés de rituels de toutes sorte.

Pour ma part, j’en ai pas mal, à commencer par mes déplacements quotidien en vélo. Je procède souvent aux mêmes gestes, aux mêmes endroits, croisent les mêmes personnes. Cela me permet d’arriver en forme et de bonne humeur. Je tente aussi de ritualiser des moments d’introspections, de la méditation, du yoga, des choses qui font du bien et qui me permettent, pour un moment, de ne pas penser à quoi et comment faire.

J’ai déjà vu des plongeurs se préparer pour aller en mer, chacun procède à son rituel personnel de vérification, de préparation. Au delà du simple confort, s’en est vital.

Si vous avez des habitudes avec lesquelles vous vous sentez bien, pourquoi ne pas les ritualiser et les répéter? Ce n’est pas un problème 🙂

Toutefois, n’oubliez pas de vérifier de façon régulière, que ces rituels portent toujours du sens. S’ils n’en ont plus, n’hésitez pas un instant à les abandonner. Et ça vaut aussi pour les rituels agiles. Quoi de plus frustrant qu’un stand up meeting ou chacun fait un topo détaillé de sa journée et où tout le monde s’ennuie.

En conclusion

Ceci n’est, bien évidemment, que des réflexions personnelles sur les habitudes. J’essaie, au quotidien, de procéder à ces petits changements pour éviter qu’elles ne gagnent et encroûtent mon travail. Ce n’est pas toujours facile, c’est un peu pour ça que j’ai tenté, sur ce papier, de noter mes bonnes expériences.

Je pourrais en citer d’autres. Parfois je piste également mes petites habitudes, je change de trottoir quand je me rends compte que je prends toujours le même chemin quand je marche, j’essaie des nouvelles choses tout en tentant de régulariser ce qui m’ancre et m’apporte du bien-être.

Au delà de l’informatique, c’est également une façon de vivre, rester le nez au vent, cultiver ses racines et déployer ses ailes.

Vu que vous êtes arrivé jusqu’ici, je vous invite donc à prendre la mesure de votre vie, de vos habitudes, d’en identifier les schémas récurrents et de déterminer si elles vous sont néfastes ou positives afin de les abandonner ou les ritualiser.

Joyeux Noël et Bonne Année.

 

Notes

  1. On me dit qu’on peut faire appel à un canard en plastique aussi.

Soyons des sales gosses

Pendant le génial atelier de Marie Cécile et Goulven1 qui s’est tenu pendant les élaboratoires de #SudWeb 2016, un truc m’a frappé, c’est la propension de pas mal de gens à faire ce qu’on leur demande. En soi c’est bien, mais parfois ça peut virer à la pathologie, à la négation même de soi. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’enfant sage : quelqu’un qui ne met pas en cause l’autorité et essaie à tout prix de faire ce qu’elle lui demande, de convenir aux demandes de l’autorité souvent en négation de son propre être. Les cas ont plus ou moins extrêmes. On retrouve beaucoup de ces enfants sages dans des écoles très prestigieuses ou bien dans le sport de haut niveau. Quand on cherche à atteindre de très hauts niveaux pour faire plaisir à Papa et Maman (bien souvent plus à Papa qu’à Maman) on finit par retomber de très haut.

Sans aller dans ces niveaux extrêmes, et depuis que je fréquente assidûment diverses confs webs, je retrouve régulièrement des enfants sages aussi. Je rencontre souvent des gens qui ont un peu le même parcours que moi, les mêmes questionnements. Pendant l’atelier que j’avais mené lors des élaboratoires de SudWeb 2012, je pensais parler du métier de développeur. Très rapidement les questions et les échanges ont tourné autour des modalités de ce travail, des difficultés rencontrées et des questionnements plus profonds. Le débat organisé par David Larlet lors de Sud Web 2013 à Avignon m’a confirmé cet aspect-là. Depuis je lis beaucoup d’articles, j’entends beaucoup de conférences sur le sujet et ça me parle beaucoup. Lors de mes questionnements de petit chevalier, ils m’ont beaucoup aidé à passer le cap. J’ai même appliqué certains raisonnements avec plus ou moins de bonheur.

Et c’est tout naturellement que j’ai voulu retransmettre cela, raconter mon expérience. J’ai donc proposé une conf à l’E1 qui, cette année, proposait de parler de l’échec sous toutes les formes (comme de par hasard).

L’E1 est une conférence qui a lieu à Toulon et qui proposait là sa quatrième édition. Je l’ai découvert seulement l’année dernière et n’avais pu y assister l’ayant découvert le jour où elle a eu lieu (dommage) mais le programme, chargé en copains, m’avait attiré. J’ai donc rempli le CFP avec plaisir et allégresse. Ce ne fut pas le cas de la préparation où je suis passé par des montagnes russes émotionnelles (mais ceci est une autre histoire).

Suite à ça, j’ai eu pas mal de retours directs de personnes qui se sont reconnus dans mes constats et mon expérience.  Et tout cela me fait dire que pour se guérir de ce syndrome, il faut devenir des sales gosses.

Soyons des sales gosses.

L’enfant sage? Baste, il est temps de ne plus faire tout ce qu’on nous demande dans l’optique de faire plaisir mais plutôt de réagir selon plusieurs points.

Ne plus attendre de permissions

Première chose importante, il faut arrêter d’attendre des permissions qui ne viennent souvent pas. Pourquoi attendre l’hypothétique accord d’un-tel ou d’une-telle pour faire ce qui vous paraît juste? En tant que professionnel vous êtes bien placé pour savoir ce qu’il faut faire et ne pas faire. Au pire vous vous excuserez mais vous n’aurez sans doute pas à le faire. Il y’a des gens qui le disent mieux que moi : http://www.paris-web.fr/2015/conferences/confessions-dun-serial-killer.php

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Tout questionner2 c’est le propre d’un enfant. Avec le temps on apprend à fermer sa gueule se retenir de poser des questions sur tout et n’importe quoi. Parfois questionner un demandeur ou une autorité permet de mieux cerner les besoins liés à une demande. Il est même possible qu’en questionnant votre autorité celle-ci se rende compte qu’elle n’a pas besoin de ce qu’elle vous demande.

Faire de son travail un jeu

Souvent on s’en fait plus que ce qu’on devrait,  on se laisse dépasser par les enjeux réels de nos travaux. L’autorité va sortir les phrases magiques du genre « Il faut que… », « C’est indispensable… », « Je ne peux pas me permettre de…3 « … Bien souvent on rentre dans le jeu (en oubliant que c’en est un), la pression monte et l’échec de poindre au loin. Prendre de la distance, jeter un oeil détendu sur les demandes, faire la part des choses. En prenant son travail tel un jeu et en évitant de le lier à son destin, on avance plus loin.

Être soi-même

La phrase qui m’a fait le plus de bien d’entendre cette année est : « C’est ok d’être soi » pendant une conférence de Laetitia Phan. Cette phrase a, en quelque sorte, libéré pas mal de choses en moi. À ce moment-là je vivais le début d’un truc pas cool. J’ai donc gardé cette petite phrase en moi tout ce temps-là. J’ai souvent eu tendance à vouloir ressembler à modèle « idéal » que j’avais en tête. En arrêtant de vouloir à tout prix copier, je me suis libéré et peux mettre en avant mes qualités, ce qui fait de moi un développeur pas comme les autres. Encore faut-il apprendre à se connaître mais ça c’est une autre histoire.

Et vous êtes vous un sale gosse ou un enfant sage?

Notes

  1. Je recommande la lecture de cet article pour en savoir plus
  2. D’ailleurs j’ai un sticker « Question Everything » qui me le rappelle tous les jours, merci Laurence
  3. Merci Bastien

SudWeb : La conférence qui fait du bien

L’esprit est parfois taquin et gomme avec le temps les mauvaises choses comme les bonnes. Dans un cas c’est bien, mais dans l’autre on fini par oublier ce qui nous fait à un moment prendre un billet pour une conférence à l’autre bout de la France ou presque.

Et voilà, j’avais oublié que SudWeb est la conférence qui me fait du bien. Je suis arrivé jeudi soir sur Bordeaux stressé par mon voyage, ma semaine où rien n’avait marché, mes courtes nuits… Bref le vendredi matin je n’étais pas forcément encore dans le mood.

Et puis les présentations ont démarrés et ce sont enchaînés et je me suis rappelé. Ce n’est pas tant que les participants et les orateurs sont des personnes exceptionnelles et bienveillantes. Elles le sont bien sur. C’est surtout qu’elles sont plus de 180…

Difficile de résumer l’ensemble des conversations que j’ai pu avoir avec les uns et les autres. Tout ce que je peux dire c’est que, cette année, n’ayant pas à faire les photos, j’ai pu en profiter pleinement. D’ailleurs mon appareil est resté quasiment tout le temps dans son sac.

Je renonce à faire un détail exhaustif de toutes les confs tellement je les ai toutes trouver tellement intéressantes et riches d’enseignements. Ce que je retiens surtout ce sont des rappels ou des découvertes. Par exemple Stefanie Posavec m’a rappelé combien il était important de se garder un projet où on peut faire des erreurs. Imperfection is a sign of exploration. Je conseille d’ailleurs vivement le projet Dear Data qu’elle a mené pendant une année avec une de ses amie. Roxane m’a rappellé les questionnements que j’ai pu avoir tout au long de ma carrière et je vois venir, trop, rapidement ceux de ma fille. Thomas aussi avec les valeurs de LEGO m’a parlé des mes enfants et des jeux qui les caractérisent.

En bref de très belles présentation, mais le plus SudWeb est venu en fin d’après midi quand les participants ont découverts la surprise que les organisateurs leur avaient réservé : le goodies à coudre soi même sans aiguille. Mais avant Mylène L’Orguilloux, la créatrice du goodies, nous a parlé de son métier et de comment elle essaie, à sa mesure, de le révolutionner. J’ai découvert le courant zéro waste et c’est clair que je ne vais plus regarder mes t-shirts pareil.

Comme les bonnes choses ont, malheureusement, une fin, il y’a toujours une seconde journée à SudWeb pour prolonger la magie pendant encore 24h. Le principe est cette fois que chacun vient avec ce qu’il a envie de faire et propose (ou pas) un atelier aux autres participants. Les sujets sont aussi divers que des questions sur ES6 que les dessous des fiches de paie ou des ateliers échanges autour de bonnes pratiques professionnelles.

Pour ma part je n’ai rien proposé, je me suis laissé guider par l’envie de tester des trucs comme par exemple comprendre enfin comment faire des pleins et des déliés avec Laurence Vagner ou bien lire à voix haute avec Pauline Calmé. Les sujets informatiques j’aurais l’occasion de les creuser ailleurs.

En bref, ce fut un super moment hélas trop court. J’ai beaucoup appris, fait ce que j’aime, dans un environnement qui déborde de bienveillance où on vient vraiment comme on est. Vivement l’année prochaine, en famille peut-être

Saudade du 1er mai

Ce matin de la fête du travail, je suis à la fois dans le coton et la cuisine. Une journée bien chargée suivi d’une nuit un peu trop courte et me voilà épluchant des pommes de terre dans un état second.

La veille nous avons fêté les 10 ans de ma grande avec sa bande de copains et copines. Il fallait que ce soit bien fêté, que ce passage soit marqué par des événements mémorables. J’espère que son adolescence sera à l’image de cet anniversaire, entourée d’ami.e.s comme elles et plein de magie.

Et dans mon coton, je repense à cette petite dizaine d’années. Dix ans passent très vite. Il y’a dix ans, nous sommes passé de jeune marié à couple avec enfant. Quelques années plus tard, la naissance de son frère nous transformais en famille et elle découvrait sa fratrie.

Ce matin de la fête du travail, le vent souffle fort dehors et il fait chaud à l’intérieur. Nous avons rallumé la cheminée, en Mai fait ce qu’il te plait à condition de ne pas prendre froid. Je trouve le temps à l’image de la vie, un intérieur toujours aussi chaleureux, que nous entretenons et les éléments qui se déchaînent au dehors.

Je pense à tous ceux qui nous ont quittés ces dix dernières années, les décès, les divorces, les amitiés envolées si vite. Et ces derniers mois j’ai l’impression que le vent souffle encore plus fort. Plus on s’attache, plus on risque de perdre aussi. Je me sens chanceux finalement d’être là en vie, heureux et amoureux.

Le soleil perce derrière les nuages, il est toujours là comme une promesse heureuse elle aussi. Je pense aux bébés qui viennent, à ces nouvelles vies que j’ai hâte de découvrir, aux prochaines étapes, les cinq ans de mon petit à l’automne, aux anniversaires qui vont suivre, et la vie qui continue sa valse nous réservant encore quelques suprises.

Ce matin de la fête du travail j’ai pensé à tout ça et me suis donné secrètement rendez vous dans dix ans

 

Sortir du cadre – Les pistes cyclables

Cela fait un moment que j’avais envie d’écrire un petit article sur les pistes cyclables sans en trouver vraiment le courage. Merci à cette charmante automobiliste qui m’a intimé hier de quitter sa route personnelle en désignant à grand geste la piste cyclable voisine de m’avoir inspiré.

Lettre ouverte…

Donc Madame1, merci de m’avoir signaler avec vos simagrées quelque chose dont j’avais déjà connaissance. Ce que vous appelez piste cyclable et pensez être destiné à tout les cyclistes qui font rien qu’à vous embêter à rouler sur la route2 est ce que j’appelle, moi, une aberration.

Notez la visibilité du panneau attention au piétons
Notez la visibilité du panneau attention au piétons

En effet on trouve une signalétique a priori destiné aux cyclistes mais sur un trottoir. Il y’a deux pistes en plus, une pour descendre et une pour monter ce qui ne laisse, théoriquement, absolument aucun espace pour le moindre piéton. En pratique il faut bien que les piétons piétonnent. Pire, la piste donne sur l’entrée d’un collège où, bien sur, les élèves attendent en ordre devant la porte lors des interclasses… ou pas. Je ne parle même pas des sorties de garages sans visibilité. Alors oui, je l’avoue, je prends parfois cette piste sur mon parcours mais le plus souvent, quand il y’a des piétons dessus, ou des chiens, ou des élèves, ou des #GCUM, je prend la route car je tiens au bien être des gens qui se trouvent sur cette aberration (à part les #GCUM). Généralement les automobilistes comprennent bien ce point de vue, il y’a des exceptions, vous en faites partie3.

Notez bien cependant que je m’attriste de ce genre de choses et que moi aussi je déplore de ne pas avoir de véritable espace sur lequel rouler. Idéalement je préfère partager la route avec les voitures qu’avec les piétons. Ainsi les pistes tracés sur les routes me paraissent ce qu’il y’a de plus adapté. Mais d’autres solutions existent et parfois elles sont sous nos yeux.

Le carré de l’hypoténuse

Il s’avère que, sur mon parcours quotidien, je croise le pire et le meilleur en l’espace de quelques centaines de mètres. A un moment de mon trajet, j’arrive à un point A et dois me rendre à un point C. Faire le trajet directement est totalement impossible à moins de vouloir se perdre et de retrouver son vélo en pièces détachées. Il faut donc passer par un point B qui se trouve entre deux voies de natures complètement différentes.

Et voici l’entrée du Paradis!

Tout d’abord nous avons, entre A et B une voie que nous allons appeler le paradis. C’est mon petit plaisir quotidien. Il faut dire qu’elle a tout pour plaire : Une voie goudronné, pas trop large mais suffisante pour deux voies cyclistes, une bonne visibilité, ce qui permet de dépasser les piétons sans leur faire peur, des gens sympathiques à qui l’on dit bonjour avec plaisir et, surtout, elle longe une voie ferrée (de loin) et non pas la route.

Mais voilà, une fois arrivé au point B pour se rendre au point C on passe par l’enfer.  J’exagère un peu sans doute, mais rapport au paradis précédent on déchante assez vite. Ici les pistes sont sur les trottoirs (grand classique). Certes il y’en a deux, une de chaque coté de la route, mais aucune n’est vraiment continue ce qui oblige souvent le cycliste à passer d’un trottoir à l’autre, et encore, quand la piste se termine correctement. Je ne parle pas des travaux ou des bateaux qui obligent à un peu de gymkhana. Bref pas top.

Et là je fais quoi donc?
Et là je fais quoi donc?

Et pourtant la deuxième est plus récente (et de loin) que la première. Pourquoi, à un moment, le vélo était devenu une priorité qui faisait que des voies étaient spécialement créé et que maintenant on va dans le plus simple et donc le plus dangereux pour tout le monde.

Je n’ai pas la réponse mais sachez, Madame, que j’ai très envie de ne plus être obligé de vous croiser vous où l’un de vos congénères automobiliste énervé.

 

Notes

  1. mais aussi tous les automobilistes qui râlent contre les cyclistes
  2. Note qu’il existe aussi des cyclistes qui reprochent aux piétons de marcher sur les pistes cyclables
  3. Et pour info, la piste étant doté d’un panneau carrée, l’utilisation de la piste cyclable est conseillée et non obligatoire.

Des instants de vies

2015 n’a pas été une bonne année, tout le monde en conviendra. Il s’est peut-être passé des trucs cools, mais ils ont été noyés dans des événéments tellement tragiques et angoissant qu’on ne s’en souvient peut-être plus. Pour cela et bien d’autres raisons, les gens ressentent le besoin de faire quelques choses pour allez à l’encontre du pessimisme, de la peur de l’autre, de l’ignorance. Parfois ça passe par des moments simples mais tellement précieux.

C’est ce que ce ce sont dit deux mamans de l’école où vont mes enfants : « Et si on organisait un goûter pour célébrer l’année qui démarre, ouvert à toutes et tous, quelque chose de laïque même si ça sonne pas aussi bien qu’avant » et la machine s’est lancée.

La part du photographe…

Et pour accompagner ce mouvement j’ai eu une petite idée que j’ai suggéré eux organisatrice. Mon idée de départ était de laisser une trace de l’événement. Bien sur il y’aurait quelques photos à faire pour se souvenir mais je voulais aussi être dans l’instant, apporter aussi une animation lors de l’après midi. Pour cela il existe (encore) une solution magique. Je me suis donc mis au service de cette action avec quelques pellicules et mon appareil photo instantanée.

Prêt à déclencher

Aparté technique

Mon parc d’appareil et d’objectif est relativement restreint. Je passe énormément de temps avec mon réflex accompagné d’une focale fixe et ça me suffit dans bien des cas. Quand je veux introduire un petit nouveau dans ma pratique photographique, je ne cherche pas le meilleur appareil, la fiche technique d’enfer mais je réfléchis d’avantage à ce que l’appareil peut m’apporter de nouveau et m’amener vers une nouvel étape de ma pratique. Pour l’instax j’avais envie d’instantanéité, j’avais envie que cet appareil me serve à créer de nouveaux liens avec les gens que je photographie maintenant que j’ai passé une certaines timidité à faire des portraits.

Pour ça j’ai été servi.

Déroulement

Cet après midi là je me suis donc mis en chauffe doucement. Prenant quelques photos rapidement des premières personnes présente. Les organisatrices avaient prévu de quoi accrocher les photos, ce qui m’a permis d’improviser une expo des photos.

Expo!

Je suis resté un moment en retrait, prenant des instants de vie ça et là. Et puis je me suis fait repéré par les enfants et les parents qui ont profité de la magie de l’instantané et demandé que je leur tire leur portrait. J’avais prévu large mais les cinq pellicules sont passées à toute vitesse.

Le plus magique de cette journée c’est de voir un môme fixer le rectangle blanc ou apparaît, petit à petit, son image.

Souvenirs

Au final ce fut une belle après midi, pleine de moments inattendus. J’espère avoir bien aider à ce moment. J’ose espérer que des moments comme ça ravive l’envie de vivre ensemble, atténue les différences et les incompréhensions et qu’il y ait encore beaucoup de moment comme ceux que j’ai figé sur un petit bout de pellicule.

It’s the end…

Je ne suis pas le premier à présenter mes vœux alors autant être parmi les derniers. En 2016, on va démonter le vieux monde pour en construire un nouveau, c’est le but. Par commencer au lieu de vous souhaitez une bonne année, je vous souhaite une bonne fin de mois et de démarrer lundi prochain pour une nouvelle semaine et un nouveau mois plein de possibles.

Bon week-end et pour bien finir la semaine je vous laisse avec R.E.M.

I feel fine!

WIZZYWIG : Portrait d’un hacker en série

C’est en musardant dans une médiathèque proche de chez moi, que je suis tomber sur cette BD qui, tout de suite, a attiré mon regard de lecteur et d’informaticien curieux.

Couverture Wizzywig

Bluebox et autres curiosités…

Wizzywig est bande dessinée d’Ed Piskor. Elle raconte l’histoire de Kevin « BoingFlop » Phunicle (BoingThump en VO), un garçon un peu timide mais très débrouillard grandissant au début des années 80. Déjà pas bien gâté par la vie (orphelin et victime favorite des terreurs de son quartier) il a, pour son plus grand malheur, un QI plus élevé que la normal, une oreille absolue et vit les très riches heures des débuts de l’informatique et des télécommunication grand public.

S’ensuit une série de découvertes mais aussi de déconvenues car, à l’époque, il est très mal vu d’en savoir plus que les ingénieurs. Et il le paiera plutôt cher si on rajoute à ça la tempête médiatique qui fondra sur lui comme la misère sur le bas peuple.

Si vous avez déjà lu quelques articles ou livres sur cette période, vous vous retrouverez en terrain connu, que ce soit avec la bluebox ou bien la fameuse fréquence 2600. On voit également les deux clowns Steve et Steve faire une apparition.

Les mésaventures de Steve et Steve

Les Free Kevin qui parsèment le livre vous rappellerons des souvenirs aussi.

Free Kevin(s)

Même si Kevin Phunicle n’a jamais existé, son histoire est inspiré de la vie de plusieurs hackers célèbre comme Kevin Mitnick,  Kevin Poulsen ou d’autres de ces années là dont Ed Piskor, pour son histoire, à choisit les instants les plus tragiques car il n’est visiblement facile d’être BoingFlop. Malgré un trait très clair, les images sont sombres et sales. L’histoire est raconté depuis plusieurs points de vues. Parfois la même anecdote est reprise par différent protagoniste pour bien nous faire voir la différence entre la réalité et ce qu’il a pu en être raconté par les soi disant gens de biens à la poursuite des méchants hackers.

Le fantasme des gens est également très présent. Alors que la plupart des hauts faits des hackers sont le résultat de l’ingénierie sociale, Kevin sera malgré tout interdit de toucher un ordinateur pendant une certaines partie de sa vie.

Du passé mais du présent aussi…

En fin de livre, sans trop en révéler, l’auteur fait le pont avec l’actualité brulante. De la bluebox à wikileaks, les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes mais les méthodes restent et perdurent. D’un coté il y’a les lanceurs d’alertes, les bidouilleurs, ceux qui ouvrent le code et d’un autre toujours les mêmes réflexes privateurs. Dire que le livre est engagé, oui sans aucun doute.

Donc si par hasard en musardant dans une bibliothèque ou bien même sur Internet car l’album est disponible gratuitement sur le site de l’auteur :

Bonne lecture.