Soyons des sales gosses

Pendant le génial atelier de Marie Cécile et Goulven1 qui s’est tenu pendant les élaboratoires de #SudWeb 2016, un truc m’a frappé, c’est la propension de pas mal de gens à faire ce qu’on leur demande. En soi c’est bien, mais parfois ça peut virer à la pathologie, à la négation même de soi. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’enfant sage : quelqu’un qui ne met pas en cause l’autorité et essaie à tout prix de faire ce qu’elle lui demande, de convenir aux demandes de l’autorité souvent en négation de son propre être. Les cas ont plus ou moins extrêmes. On retrouve beaucoup de ces enfants sages dans des écoles très prestigieuses ou bien dans le sport de haut niveau. Quand on cherche à atteindre de très hauts niveaux pour faire plaisir à Papa et Maman (bien souvent plus à Papa qu’à Maman) on finit par retomber de très haut.

Sans aller dans ces niveaux extrêmes, et depuis que je fréquente assidûment diverses confs webs, je retrouve régulièrement des enfants sages aussi. Je rencontre souvent des gens qui ont un peu le même parcours que moi, les mêmes questionnements. Pendant l’atelier que j’avais mené lors des élaboratoires de SudWeb 2012, je pensais parler du métier de développeur. Très rapidement les questions et les échanges ont tourné autour des modalités de ce travail, des difficultés rencontrées et des questionnements plus profonds. Le débat organisé par David Larlet lors de Sud Web 2013 à Avignon m’a confirmé cet aspect-là. Depuis je lis beaucoup d’articles, j’entends beaucoup de conférences sur le sujet et ça me parle beaucoup. Lors de mes questionnements de petit chevalier, ils m’ont beaucoup aidé à passer le cap. J’ai même appliqué certains raisonnements avec plus ou moins de bonheur.

Et c’est tout naturellement que j’ai voulu retransmettre cela, raconter mon expérience. J’ai donc proposé une conf à l’E1 qui, cette année, proposait de parler de l’échec sous toutes les formes (comme de par hasard).

L’E1 est une conférence qui a lieu à Toulon et qui proposait là sa quatrième édition. Je l’ai découvert seulement l’année dernière et n’avais pu y assister l’ayant découvert le jour où elle a eu lieu (dommage) mais le programme, chargé en copains, m’avait attiré. J’ai donc rempli le CFP avec plaisir et allégresse. Ce ne fut pas le cas de la préparation où je suis passé par des montagnes russes émotionnelles (mais ceci est une autre histoire).

Suite à ça, j’ai eu pas mal de retours directs de personnes qui se sont reconnus dans mes constats et mon expérience.  Et tout cela me fait dire que pour se guérir de ce syndrome, il faut devenir des sales gosses.

Soyons des sales gosses.

L’enfant sage? Baste, il est temps de ne plus faire tout ce qu’on nous demande dans l’optique de faire plaisir mais plutôt de réagir selon plusieurs points.

Ne plus attendre de permissions

Première chose importante, il faut arrêter d’attendre des permissions qui ne viennent souvent pas. Pourquoi attendre l’hypothétique accord d’un-tel ou d’une-telle pour faire ce qui vous paraît juste? En tant que professionnel vous êtes bien placé pour savoir ce qu’il faut faire et ne pas faire. Au pire vous vous excuserez mais vous n’aurez sans doute pas à le faire. Il y’a des gens qui le disent mieux que moi : http://www.paris-web.fr/2015/conferences/confessions-dun-serial-killer.php

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Tout questionner2 c’est le propre d’un enfant. Avec le temps on apprend à fermer sa gueule se retenir de poser des questions sur tout et n’importe quoi. Parfois questionner un demandeur ou une autorité permet de mieux cerner les besoins liés à une demande. Il est même possible qu’en questionnant votre autorité celle-ci se rende compte qu’elle n’a pas besoin de ce qu’elle vous demande.

Faire de son travail un jeu

Souvent on s’en fait plus que ce qu’on devrait,  on se laisse dépasser par les enjeux réels de nos travaux. L’autorité va sortir les phrases magiques du genre « Il faut que… », « C’est indispensable… », « Je ne peux pas me permettre de…3 « … Bien souvent on rentre dans le jeu (en oubliant que c’en est un), la pression monte et l’échec de poindre au loin. Prendre de la distance, jeter un oeil détendu sur les demandes, faire la part des choses. En prenant son travail tel un jeu et en évitant de le lier à son destin, on avance plus loin.

Être soi-même

La phrase qui m’a fait le plus de bien d’entendre cette année est : « C’est ok d’être soi » pendant une conférence de Laetitia Phan. Cette phrase a, en quelque sorte, libéré pas mal de choses en moi. À ce moment-là je vivais le début d’un truc pas cool. J’ai donc gardé cette petite phrase en moi tout ce temps-là. J’ai souvent eu tendance à vouloir ressembler à modèle « idéal » que j’avais en tête. En arrêtant de vouloir à tout prix copier, je me suis libéré et peux mettre en avant mes qualités, ce qui fait de moi un développeur pas comme les autres. Encore faut-il apprendre à se connaître mais ça c’est une autre histoire.

Et vous êtes vous un sale gosse ou un enfant sage?

Notes

  1. Je recommande la lecture de cet article pour en savoir plus
  2. D’ailleurs j’ai un sticker « Question Everything » qui me le rappelle tous les jours, merci Laurence
  3. Merci Bastien

SudWeb : La conférence qui fait du bien

L’esprit est parfois taquin et gomme avec le temps les mauvaises choses comme les bonnes. Dans un cas c’est bien, mais dans l’autre on fini par oublier ce qui nous fait à un moment prendre un billet pour une conférence à l’autre bout de la France ou presque.

Et voilà, j’avais oublié que SudWeb est la conférence qui me fait du bien. Je suis arrivé jeudi soir sur Bordeaux stressé par mon voyage, ma semaine où rien n’avait marché, mes courtes nuits… Bref le vendredi matin je n’étais pas forcément encore dans le mood.

Et puis les présentations ont démarrés et ce sont enchaînés et je me suis rappelé. Ce n’est pas tant que les participants et les orateurs sont des personnes exceptionnelles et bienveillantes. Elles le sont bien sur. C’est surtout qu’elles sont plus de 180…

Difficile de résumer l’ensemble des conversations que j’ai pu avoir avec les uns et les autres. Tout ce que je peux dire c’est que, cette année, n’ayant pas à faire les photos, j’ai pu en profiter pleinement. D’ailleurs mon appareil est resté quasiment tout le temps dans son sac.

Je renonce à faire un détail exhaustif de toutes les confs tellement je les ai toutes trouver tellement intéressantes et riches d’enseignements. Ce que je retiens surtout ce sont des rappels ou des découvertes. Par exemple Stefanie Posavec m’a rappelé combien il était important de se garder un projet où on peut faire des erreurs. Imperfection is a sign of exploration. Je conseille d’ailleurs vivement le projet Dear Data qu’elle a mené pendant une année avec une de ses amie. Roxane m’a rappellé les questionnements que j’ai pu avoir tout au long de ma carrière et je vois venir, trop, rapidement ceux de ma fille. Thomas aussi avec les valeurs de LEGO m’a parlé des mes enfants et des jeux qui les caractérisent.

En bref de très belles présentation, mais le plus SudWeb est venu en fin d’après midi quand les participants ont découverts la surprise que les organisateurs leur avaient réservé : le goodies à coudre soi même sans aiguille. Mais avant Mylène L’Orguilloux, la créatrice du goodies, nous a parlé de son métier et de comment elle essaie, à sa mesure, de le révolutionner. J’ai découvert le courant zéro waste et c’est clair que je ne vais plus regarder mes t-shirts pareil.

Comme les bonnes choses ont, malheureusement, une fin, il y’a toujours une seconde journée à SudWeb pour prolonger la magie pendant encore 24h. Le principe est cette fois que chacun vient avec ce qu’il a envie de faire et propose (ou pas) un atelier aux autres participants. Les sujets sont aussi divers que des questions sur ES6 que les dessous des fiches de paie ou des ateliers échanges autour de bonnes pratiques professionnelles.

Pour ma part je n’ai rien proposé, je me suis laissé guider par l’envie de tester des trucs comme par exemple comprendre enfin comment faire des pleins et des déliés avec Laurence Vagner ou bien lire à voix haute avec Pauline Calmé. Les sujets informatiques j’aurais l’occasion de les creuser ailleurs.

En bref, ce fut un super moment hélas trop court. J’ai beaucoup appris, fait ce que j’aime, dans un environnement qui déborde de bienveillance où on vient vraiment comme on est. Vivement l’année prochaine, en famille peut-être

Saudade du 1er mai

Ce matin de la fête du travail, je suis à la fois dans le coton et la cuisine. Une journée bien chargée suivi d’une nuit un peu trop courte et me voilà épluchant des pommes de terre dans un état second.

La veille nous avons fêté les 10 ans de ma grande avec sa bande de copains et copines. Il fallait que ce soit bien fêté, que ce passage soit marqué par des événements mémorables. J’espère que son adolescence sera à l’image de cet anniversaire, entourée d’ami.e.s comme elles et plein de magie.

Et dans mon coton, je repense à cette petite dizaine d’années. Dix ans passent très vite. Il y’a dix ans, nous sommes passé de jeune marié à couple avec enfant. Quelques années plus tard, la naissance de son frère nous transformais en famille et elle découvrait sa fratrie.

Ce matin de la fête du travail, le vent souffle fort dehors et il fait chaud à l’intérieur. Nous avons rallumé la cheminée, en Mai fait ce qu’il te plait à condition de ne pas prendre froid. Je trouve le temps à l’image de la vie, un intérieur toujours aussi chaleureux, que nous entretenons et les éléments qui se déchaînent au dehors.

Je pense à tous ceux qui nous ont quittés ces dix dernières années, les décès, les divorces, les amitiés envolées si vite. Et ces derniers mois j’ai l’impression que le vent souffle encore plus fort. Plus on s’attache, plus on risque de perdre aussi. Je me sens chanceux finalement d’être là en vie, heureux et amoureux.

Le soleil perce derrière les nuages, il est toujours là comme une promesse heureuse elle aussi. Je pense aux bébés qui viennent, à ces nouvelles vies que j’ai hâte de découvrir, aux prochaines étapes, les cinq ans de mon petit à l’automne, aux anniversaires qui vont suivre, et la vie qui continue sa valse nous réservant encore quelques suprises.

Ce matin de la fête du travail j’ai pensé à tout ça et me suis donné secrètement rendez vous dans dix ans

 

Sortir du cadre – Les pistes cyclables

Cela fait un moment que j’avais envie d’écrire un petit article sur les pistes cyclables sans en trouver vraiment le courage. Merci à cette charmante automobiliste qui m’a intimé hier de quitter sa route personnelle en désignant à grand geste la piste cyclable voisine de m’avoir inspiré.

Lettre ouverte…

Donc Madame1, merci de m’avoir signaler avec vos simagrées quelque chose dont j’avais déjà connaissance. Ce que vous appelez piste cyclable et pensez être destiné à tout les cyclistes qui font rien qu’à vous embêter à rouler sur la route2 est ce que j’appelle, moi, une aberration.

Notez la visibilité du panneau attention au piétons
Notez la visibilité du panneau attention au piétons

En effet on trouve une signalétique a priori destiné aux cyclistes mais sur un trottoir. Il y’a deux pistes en plus, une pour descendre et une pour monter ce qui ne laisse, théoriquement, absolument aucun espace pour le moindre piéton. En pratique il faut bien que les piétons piétonnent. Pire, la piste donne sur l’entrée d’un collège où, bien sur, les élèves attendent en ordre devant la porte lors des interclasses… ou pas. Je ne parle même pas des sorties de garages sans visibilité. Alors oui, je l’avoue, je prends parfois cette piste sur mon parcours mais le plus souvent, quand il y’a des piétons dessus, ou des chiens, ou des élèves, ou des #GCUM, je prend la route car je tiens au bien être des gens qui se trouvent sur cette aberration (à part les #GCUM). Généralement les automobilistes comprennent bien ce point de vue, il y’a des exceptions, vous en faites partie3.

Notez bien cependant que je m’attriste de ce genre de choses et que moi aussi je déplore de ne pas avoir de véritable espace sur lequel rouler. Idéalement je préfère partager la route avec les voitures qu’avec les piétons. Ainsi les pistes tracés sur les routes me paraissent ce qu’il y’a de plus adapté. Mais d’autres solutions existent et parfois elles sont sous nos yeux.

Le carré de l’hypoténuse

Il s’avère que, sur mon parcours quotidien, je croise le pire et le meilleur en l’espace de quelques centaines de mètres. A un moment de mon trajet, j’arrive à un point A et dois me rendre à un point C. Faire le trajet directement est totalement impossible à moins de vouloir se perdre et de retrouver son vélo en pièces détachées. Il faut donc passer par un point B qui se trouve entre deux voies de natures complètement différentes.

Et voici l’entrée du Paradis!

Tout d’abord nous avons, entre A et B une voie que nous allons appeler le paradis. C’est mon petit plaisir quotidien. Il faut dire qu’elle a tout pour plaire : Une voie goudronné, pas trop large mais suffisante pour deux voies cyclistes, une bonne visibilité, ce qui permet de dépasser les piétons sans leur faire peur, des gens sympathiques à qui l’on dit bonjour avec plaisir et, surtout, elle longe une voie ferrée (de loin) et non pas la route.

Mais voilà, une fois arrivé au point B pour se rendre au point C on passe par l’enfer.  J’exagère un peu sans doute, mais rapport au paradis précédent on déchante assez vite. Ici les pistes sont sur les trottoirs (grand classique). Certes il y’en a deux, une de chaque coté de la route, mais aucune n’est vraiment continue ce qui oblige souvent le cycliste à passer d’un trottoir à l’autre, et encore, quand la piste se termine correctement. Je ne parle pas des travaux ou des bateaux qui obligent à un peu de gymkhana. Bref pas top.

Et là je fais quoi donc?
Et là je fais quoi donc?

Et pourtant la deuxième est plus récente (et de loin) que la première. Pourquoi, à un moment, le vélo était devenu une priorité qui faisait que des voies étaient spécialement créé et que maintenant on va dans le plus simple et donc le plus dangereux pour tout le monde.

Je n’ai pas la réponse mais sachez, Madame, que j’ai très envie de ne plus être obligé de vous croiser vous où l’un de vos congénères automobiliste énervé.

 

Notes

  1. mais aussi tous les automobilistes qui râlent contre les cyclistes
  2. Note qu’il existe aussi des cyclistes qui reprochent aux piétons de marcher sur les pistes cyclables
  3. Et pour info, la piste étant doté d’un panneau carrée, l’utilisation de la piste cyclable est conseillée et non obligatoire.

Des instants de vies

2015 n’a pas été une bonne année, tout le monde en conviendra. Il s’est peut-être passé des trucs cools, mais ils ont été noyés dans des événéments tellement tragiques et angoissant qu’on ne s’en souvient peut-être plus. Pour cela et bien d’autres raisons, les gens ressentent le besoin de faire quelques choses pour allez à l’encontre du pessimisme, de la peur de l’autre, de l’ignorance. Parfois ça passe par des moments simples mais tellement précieux.

C’est ce que ce ce sont dit deux mamans de l’école où vont mes enfants : « Et si on organisait un goûter pour célébrer l’année qui démarre, ouvert à toutes et tous, quelque chose de laïque même si ça sonne pas aussi bien qu’avant » et la machine s’est lancée.

La part du photographe…

Et pour accompagner ce mouvement j’ai eu une petite idée que j’ai suggéré eux organisatrice. Mon idée de départ était de laisser une trace de l’événement. Bien sur il y’aurait quelques photos à faire pour se souvenir mais je voulais aussi être dans l’instant, apporter aussi une animation lors de l’après midi. Pour cela il existe (encore) une solution magique. Je me suis donc mis au service de cette action avec quelques pellicules et mon appareil photo instantanée.

Prêt à déclencher

Aparté technique

Mon parc d’appareil et d’objectif est relativement restreint. Je passe énormément de temps avec mon réflex accompagné d’une focale fixe et ça me suffit dans bien des cas. Quand je veux introduire un petit nouveau dans ma pratique photographique, je ne cherche pas le meilleur appareil, la fiche technique d’enfer mais je réfléchis d’avantage à ce que l’appareil peut m’apporter de nouveau et m’amener vers une nouvel étape de ma pratique. Pour l’instax j’avais envie d’instantanéité, j’avais envie que cet appareil me serve à créer de nouveaux liens avec les gens que je photographie maintenant que j’ai passé une certaines timidité à faire des portraits.

Pour ça j’ai été servi.

Déroulement

Cet après midi là je me suis donc mis en chauffe doucement. Prenant quelques photos rapidement des premières personnes présente. Les organisatrices avaient prévu de quoi accrocher les photos, ce qui m’a permis d’improviser une expo des photos.

Expo!

Je suis resté un moment en retrait, prenant des instants de vie ça et là. Et puis je me suis fait repéré par les enfants et les parents qui ont profité de la magie de l’instantané et demandé que je leur tire leur portrait. J’avais prévu large mais les cinq pellicules sont passées à toute vitesse.

Le plus magique de cette journée c’est de voir un môme fixer le rectangle blanc ou apparaît, petit à petit, son image.

Souvenirs

Au final ce fut une belle après midi, pleine de moments inattendus. J’espère avoir bien aider à ce moment. J’ose espérer que des moments comme ça ravive l’envie de vivre ensemble, atténue les différences et les incompréhensions et qu’il y ait encore beaucoup de moment comme ceux que j’ai figé sur un petit bout de pellicule.

It’s the end…

Je ne suis pas le premier à présenter mes vœux alors autant être parmi les derniers. En 2016, on va démonter le vieux monde pour en construire un nouveau, c’est le but. Par commencer au lieu de vous souhaitez une bonne année, je vous souhaite une bonne fin de mois et de démarrer lundi prochain pour une nouvelle semaine et un nouveau mois plein de possibles.

Bon week-end et pour bien finir la semaine je vous laisse avec R.E.M.

I feel fine!

WIZZYWIG : Portrait d’un hacker en série

C’est en musardant dans une médiathèque proche de chez moi, que je suis tomber sur cette BD qui, tout de suite, a attiré mon regard de lecteur et d’informaticien curieux.

Couverture Wizzywig

Bluebox et autres curiosités…

Wizzywig est bande dessinée d’Ed Piskor. Elle raconte l’histoire de Kevin « BoingFlop » Phunicle (BoingThump en VO), un garçon un peu timide mais très débrouillard grandissant au début des années 80. Déjà pas bien gâté par la vie (orphelin et victime favorite des terreurs de son quartier) il a, pour son plus grand malheur, un QI plus élevé que la normal, une oreille absolue et vit les très riches heures des débuts de l’informatique et des télécommunication grand public.

S’ensuit une série de découvertes mais aussi de déconvenues car, à l’époque, il est très mal vu d’en savoir plus que les ingénieurs. Et il le paiera plutôt cher si on rajoute à ça la tempête médiatique qui fondra sur lui comme la misère sur le bas peuple.

Si vous avez déjà lu quelques articles ou livres sur cette période, vous vous retrouverez en terrain connu, que ce soit avec la bluebox ou bien la fameuse fréquence 2600. On voit également les deux clowns Steve et Steve faire une apparition.

Les mésaventures de Steve et Steve

Les Free Kevin qui parsèment le livre vous rappellerons des souvenirs aussi.

Free Kevin(s)

Même si Kevin Phunicle n’a jamais existé, son histoire est inspiré de la vie de plusieurs hackers célèbre comme Kevin Mitnick,  Kevin Poulsen ou d’autres de ces années là dont Ed Piskor, pour son histoire, à choisit les instants les plus tragiques car il n’est visiblement facile d’être BoingFlop. Malgré un trait très clair, les images sont sombres et sales. L’histoire est raconté depuis plusieurs points de vues. Parfois la même anecdote est reprise par différent protagoniste pour bien nous faire voir la différence entre la réalité et ce qu’il a pu en être raconté par les soi disant gens de biens à la poursuite des méchants hackers.

Le fantasme des gens est également très présent. Alors que la plupart des hauts faits des hackers sont le résultat de l’ingénierie sociale, Kevin sera malgré tout interdit de toucher un ordinateur pendant une certaines partie de sa vie.

Du passé mais du présent aussi…

En fin de livre, sans trop en révéler, l’auteur fait le pont avec l’actualité brulante. De la bluebox à wikileaks, les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes mais les méthodes restent et perdurent. D’un coté il y’a les lanceurs d’alertes, les bidouilleurs, ceux qui ouvrent le code et d’un autre toujours les mêmes réflexes privateurs. Dire que le livre est engagé, oui sans aucun doute.

Donc si par hasard en musardant dans une bibliothèque ou bien même sur Internet car l’album est disponible gratuitement sur le site de l’auteur :

Bonne lecture.

 

 

J’aime la galette à la mode FLUPA

Les antennes FLUPA fleurissent un peu partout en france depuis quelques temps, y compris à Montpellier. C’est donc pour ça que je me suis retrouvé le mercredi six janvier dernier à la barakajeux pour le challenge FLUPA de l’année.

J’ai vu de la lumière…

En tant que développeur plutôt axé sur le backend et, ces derniers mois, d’une API, j’ai assez peu de travail d’UX à réaliser1. Je suis venu en curieux motivé par l’aspect collaboratif du rendez-vous.

J’ai d’ailleurs bien précisé ma situation lors du tour de table, en priant pour que ce ne soit pas comme les équipes de balle au prisonnier en école primaire : on prend le développeur backend en dernier pour pas pénaliser l’équipe.

Heureusement ce ne fut pas le cas. Je me suis retrouvé en compagnie d’Amanda, Chloé, Doris et Patrick pour plancher sur l’un des deux sujets suivant :

  1. Partager pour moins gâcher : économie collaborative ou circulaire
  2. C’est facile quand c’est fun ! Agir pour l’environnement en s’amusant

…et je suis entré.

Donc nous avions une heure pour réfléchir ensemble sur les sujets et réaliser un story board de notre idée. Une heure c’est plutôt court pour ça mais c’est le but du challenge.

Sans vraiment trancher, nos premières idées ont rapidement tourné autour du deuxième sujet. La question qui s’est posé alors fut la suivante : « Qu’est ce qui actuellement n’est pas fun et qui pourrait être améliorer sur le sujet ? »

Plusieurs idées sont venus autour du recyclage, des bouteilles qui s’entassent, des déchetteries et d’autres choses. Tout en mangeant un morceau de galette, nous avons chacun à notre tour dérouler des idées pour les flinguer tout aussitôt2. J’ai ainsi déroulé tout un laïus autour d’une déchetterie améliorée pour conclure : « ha mais c’est tout sauf fun ».

Et puis, à un moment, un consensus à émerger autour de WasteLand. Nous avons commencé par imaginer un lieu fun, tourné autour du recyclage. Le parc d’attractions est revenu à plusieurs reprises au milieu de choses et d’autres (des stands de recyclage dans les supermarché, des simples attractions) mais une fois le nom, WasteLand, trouvé, le reste a coulé de source. Patrick s’est ensuite attaqué au story board et Chloé puis Amanda ont écrit la petite histoire que nous avons imaginé ensemble.

Wasteland - Le Story Board

Nous avons ensuite présenté notre concept et découvert ceux de nos « concurrents ». De très bonnes idées ont émergées, certaines que nous avions effleuré, d’autres totalement inédites. J’ai bien aimé les concepts de « pile humaine » qui consistait à réutiliser des espaces communs dans les quartiers pour y créer de l’énergie ensemble au moyen de système divers (dynamos, cellule photovoltaïques). Il y’a eu aussi de bonnes idées sur l’amélioration des poubelles de tri intégrées à un plan de travail ou bien réutilisant le concept de box tout en un. Les différents storyboard sont disponibles sur l’album de la soirée. Un petit truc m’a marqué : dans l’ensemble les idées qui ont été présenté n’ont que peut à voir avec des sites webs ou des produits informatiques.

Et puis il a fallu choisir le meilleur de la soirée. Au bout de deux tours intense, notre WasteLand a été honoré et voté story board de la soirée.

En conclusion

Pour mon premier apéro FLUPA, ce fut une réussite. Du backend au frontend, il est bon de s’intéresser de plus près au sujet UX et ce genre d’exercice permet de s’y frotter si on en pas toujours l’occasion au quotidien. J’y retournerais sans aucun doute.

Vous pouvez voir à l’adresse suivante l’ensemble des concepts gagnant des différentes antennes et voter pour votre préféré : http://flupa.eu/blog/2016/01/11/vote-design-challenge-flupa/

Notes

  1. Bon pas tout à fait, je sais que l’UX dépasse la notion du front-end et je serais bien curieux de discuter des UX d’APIs à l’occasion
  2. A ce propos je recommande la conférence de Virgine Caplet : http://www.paris-web.fr/2015/conferences/confessions-dun-serial-killer.php

Faites des trucs

En cette période où les injonctions de prise de résolutions pleuvent, je vais y aller de mon petit laïus en vous invitant à prendre une seule résolution mais une très importante : En 2016, faites des trucs!

Consciemment ou non c’est celle que je prend depuis des années mais cela fait finalement peu de temps que j’ai vraiment mis des mots sur cela.

Et pi fanny!

Il s’avère que je me rends chaque année à Sud Web et que là bas j’ai environ un milliard d’épiphanies par jour (rep à ça Jesus) dont j’oublie quasiment la totalité en rentrant chez moi. Il en reste toujours une ou deux qui traînent et qui me font l’année voir un peu plus. En 2015 je n’y ai pas coupé.

C’était pendant les élaboratoires, lors d’une session de thérapie de groupe discussions initiée par deux étudiant en quêtes de réponses pour leurs nombreuses questions qui pourraient se résumer à « comment vais je faire pour trouver un job cool qui me plait avec une formation bien en deçà de mes attentes de geek/geeke? » La discussion a donc tourné autour de différents sujets ou conseils sur ce qu’il était possible de faire. Et puis l’ami Bruno Bord1 a pris la parole pour résumer un peu le débat :

« Comme le dis si bien Antoine Vernois2, Faites des trucs ».

Et là dans mon esprit :

C’est exactement ce que je fais depuis des années et, surtout, c’est ce que j’aime faire : faire des trucs, expérimenter, commencer quelque chose pour voir où cela va me mener. Conscientiser ça m’a permis également d’identifier plusieurs points qui ont évoluer dans ma façon de faire des trucs.

Les premiers pas…

Ce qui a pas mal changé au cours des dernières années, c’est la façon dont je commence les trucs. Il y’a encore quelques années je pensais trop en mode projet. Avant de faire un truc, il me fallait un temps certain de maturation en tête, puis un plan. De même j’avais plein de trucs dans la tête et je perdais du temps à tenter de classifications et de priorisation ce qui fait que beaucoup de trucs sont resté en stand-by.

Depuis quelques années, j’ai simplifié  ma manière de faire et j’essaie de plus souvent commencer des trucs et de faire un premier pas. Par exemple, cela faisait quelques années que je me disait qu’il me faudrait changer d’hébergement, migrer mes sites vers plus d’espaces et d’autonomie. J’avais même commencer à établir un plan de migration mais ça tournait en rond. Tout ce qu’il fallait faire c’est le premier pas, et ce premier pas c’était simplement d’activer un hébergement ailleurs. Tout le reste en découle par la suite. Certes au final j’ai pas fait tout dans les règles de l’art mais est ce que c’était vraiment nécessaire? L’essentiel est de démarrer donc.

Une question d’importance

J’ai aussi découvert qu’il n’y a pas de petits ou de grands trucs. C’est sûr que c’est plus prestigieux de faire des trucs énormes, qui ont du succès, où une grosse partie du truc repose sur soi. Mais il est aussi important de faire en fonction du temps et de sa disponibilité, de sa condition de forme aussi. Parfois faire un petit truc en quelques minutes, une gribouille, un petit programme, ça peut vraiment changer les idées. C’est la même chose quand on veut apporter son aide sur un projet. Un aide ponctuelle sur l’organisation d’un événement, des traductions sur  un projet open source ça peut faciliter la vie des organisateurs et mainteneur. Il ne faut donc pas se censurer en fonction de l’ampleur du truc.

Une question de physique

Pendant très longtemps, j’ai fait des trucs sur mon ordi : j’écrivais, je traitait des photos, je codait aussi beaucoup. Je le fais toujours mais je fais aussi de plus en plus de trucs avec mes mains, des trucs qui n’ont rien à voir avec les ordinateurs ou si peu. Cela à commencé, entre autre, quand mon petit prince m’a demandé de lui dessiner un cheval et je m’y suis attelé avec des résultats qui m’ont plu.

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Et c’est vrai que faire des trucs en tout genre c’est bien. Il ne faut pas se limiter à ce qu’on sait faire ou l’environnement dans lequel on est le plus à l’aise. Faire des trucs de ses mains c’est un plaisir différent. Personnellement je le trouve souvent plus épanouissant, je vois les choses se créer au fur et à mesure. C’est parfois frustrant quand on n’arrive pas à obtenir ce que l’on veut mais il faut être patient et revenir sur son truc plusieurs fois. Le résultat est très gratifiant. Outre le dessin, j’ai récemment découvert le tirage cyanotype, un truc dont je reparlerai ici.

Point important aussi de faire des trucs de ses mains, c’est qu’on peut conserver le truc par devers soit ou bien l’offrir. Enfin, comparativement à des trucs informatique et dématérialisé, réaliser un truc d’ordre matériel vous mets tout suite dans l’instant. Si, comme moi, les vélos tournent vraiment très vite dans la tête, c’est on ne peut plus reposant.

Question de partage

Pour conclure, je trouve très important de partager les trucs que l’on fait. L’idée n’est pas de dire « regarder le truc que j’ai fait »3  mais juste de faire plaisir ou de partager pour le bien commun. Je pense bien sur à l’open source. Quand aux trucs fait avec les mains, c’est l’occasion d’un cadeau désintéressé.

Voilà donc pour 2016, je le redis, faites des trucs.

Notes

  1. Oui ça name droppe à mort
  2. Je l’ai d’ailleurs revu en conf quelques temps plus tard et il dit vraiment ça, parfois même plusieurs fois dans la même phrase
  3. D’ailleurs à ce propos je veux clarifier un petit truc, on ne fait pas un truc pour en parler, en revanche il y’a des tucs qu’on fait qui mérite d’être partagé

Le conte du chevalier…

En ces temps de Noël, vous voilà probablement en train de doucement digérer la bûche sur un canapé au coin  du feu (je vous le souhaite) et pour accompagner votre sieste post prandiale voilà le classique petit conte de Noël (Cliquez ici pour lire celui de l’année dernière).

Il était une fois, un chevalier plus ou moins charmant qui venait juste de sortir de l’école d’être adoubé. Il venait de passer quelques années à s’entraîner et à parfaire ses techniques en matière de quêtes diverses et variées au milieu d’autres garçons et filles en quête d’aventures. Il s’était spécialisé dans  le combat contre les créatures maléfiques et, plus précisément, dans la chasse aux araignées maléfiques. C’est une spécialité dont les revenus étaient et son toujours très variables, tout dépendait du trésor amassé par les dites araignées mais dont l’essor, à l’époque de l’adoubement du chevalier, était prometteur. Et puis notre chevalier n’avait pas son pareil pour naviguer sur les toiles.

De ce fait, notre chevalier n’eut aucun mal à trouver des affectations. Il fut contacté rapidement par une Confrérie de Chevaliers Accompagnant les Aventures (CCAA ou CC2A pour les intimes) qui lui proposa un honnête poste de Chevalier Junior pouvant mener à un poste de chef de quête au bout de quelques années. Il accepta avec joie, presser de faire ses preuves et de mettre en oeuvre les compétences qu’il avait accumuler lors de ses années d’apprentissage. Il ne fut pas déçu par l’expérience et même ravi de faire de sa passion chevaleresque un métier.

Bien sur, le métier était bien différent de ce qu’il avait pu apprendre. La théorie dans la chasse aux araignées c’est bien, la pratique est un peu différente. Il fallu à notre chevalier des facultés d’adaptation et d’inventivité pour mener à bien les missions que les clients, suzerains, seigneurs ou grand Comtes, de la CC2A lui confiaient. Il n’était pas mauvais dans son travail, chef de quêtes ça ne lui plaisait pas vraiment comme perspective. Il réussit, avec quelques difficultés, à devenir un chasseur de dragons expert, encadrant les stagiaires en chevalerie et les formant à leur futur métier.

La vie en CC2A n’était toutefois pas toujours rose. Quand les araignées venaient à manquer sur le carnet de quêtes, il était placé sans vergogne sur des missions d’un genre totalement différent. Ainsi il dut chasser le dragon une année entière. « Araignée ou Dragon c’est noire magie ou magie noir » lui prétendit son directeur de caserne. Le chevalier en doutait, oui de loin mais vu de plus près le nombre de pattes n’était pas du le même, et comment faire sans toile? On parla même à un moment de lui confier une expédition contre les gnomes. Heureusement il y échappa de peu.

Un autre aspect le gênait énormément. Afin de multiplier les gains, les direceur de casernes de la CC2A n’hésitait pas à multiplier les missions souvent au détriment d’une certaine qualité et éthique de l’aventure. Le chevalier regrettait de simplement se rendre dans le donjon, défaire l’araignée et repartir avec le trésor sans explorer plus avant les aspects, sans préparer davantage la bataille au préalable.

Le chevalier décida alors de quitter la confrérie et se trouva sous les ordres d’un nouveau seigneur qui lançait son nouveau royaume. Le travail n’était pas tellement différent, l’objectif était toujours de chasser les araignées, mais la manière de faire était complètement. Fini les quêtes qui s’enchaînent, bienvenue à des aventures plus construites avec de la stratégie, de la préparation, un sentiment de véritable achèvement. Notre chevalier se sentit bien et eut l’impression de faire son métier de la noble façon dont nombre de chevaliers lui avaient parler.

Il passa quelques années glorieuses et épanouissantes. Bien sur tout n’était pas idyllique, il fallait parfois faire des compromis sur certains aspects. Satisfaire le seigneur n’était pas une sinécure, parfois les butins n’étaient pas aux rendez vous également. Les changements de direction étaient constants, le nombre d’araignées pas forcément extensible et les autres seigneurs assez féroces. Il fallait se partager les donjons, aller de l’avant, parfois ils faillirent ensemble mais les victoires n’en étaient que plus belles.

Et puis un jour son Seigneur le manda pour lui annoncer une bien mauvaise nouvelle. Pour des raisons diverses il était obligé de se passer des services du chevaliers. Le dernier changement de stratégie excluait la chasse au araignée de la seigneurie.

La vie d’un chevalier ne se conclue pas au terme d’une unique aventure par une conclusion du genre : « Et il vécut heureux pour toujours ». Il y’a des hauts et des bas et le chevalier parfois se retrouver au mi temps de sa vie face au doute mais aussi face à de nombreuse perspectives : Devait il retourner vers le confort d’une confrérie ou bien aller à la recherche d’un nouveau seigneur? Pourrait il faire comme d’autres et louer ses services de château en château? Il était peut-être temps de se former à de nouvelles pratiques comme chevaucher une licrone plutôt que son vieil elephpant.

En attendant il se retira dans sa vieil chaumière auprès des siens, laissant de coté, pour le moment, Seigneur et Araignée, Confrérie et Aventure.

Joyeux Noël et Bonnes Fêtes à vous.